Ce n’était pas facile d’être un jeune asiatique à Houston. Chan à trouvé sa voie à la fin de l’adolescence, mais alors c’était le bowling qui l’intéressait plus que le poker. Il y jouait seulement quand il n’était pas occupé par le bowling. Un soir dans le restaurant de son père alors qu’il jouait pour quelques pièces avec des amis un type qui était venu réparer l’air conditionné lui a demandé s’il n’avait pas envie de participer à des parties d’un autre niveau. Chan a demandé combien cela coûterait de jouer et le type a répondu entre 300 et 500 $. Chan a accepté et il a gagné un peu plus de 1k. Il a commencé à gagner toutes les semaines jusqu’à ce que ses adversaires disent qu’ils arrêtaient d’organiser ces parties. Par curiosité Chan est tout de même aller jeter un coup oeil et a remarqué que toutes les voitures des joueurs étaient là comme d’habitude. Chan avait été viré parce qu’il était trop talentueux.

Quand il n’avait que 16 ans il a effectué son premier voyage à Las Vegas où il a participé en toute illégalité à une partie de 500$. En une seule soirée il avait transformé ces 500 $ en plus ou moins 20k. Il a néanmoins tout perdu le lendemain. A la demande de son père, il s’est inscrit à l’Université de Houston pour obtenir un diplôme de gestion des hôtels et des restaurants. Il n’a pas assisté au cours très longtemps car il voulait plus d’action et un boulot à 30k par an n’était pas vraiment ce qui lui fallait.

Donc, en 1978 il est parti s’installer à Las Vegas. Il a commencé à jouer aux tables à 3$ car il n’avait que 120 $ en poche. A cette époque Johnny n’était pas un grand joueur. Il travaillait au casino pour pouvoir se permettre de jouer. Il a même mis en gage ses bijoux pour pouvoir participer aux parties. Doyle Brunson a dit que « Johnny était un gamin fougueux et talentueux, mais il n’arrivait pas à se maîtriser et ne savait jamais quand il fallait quitter la partie. » Chan a continué à être surnommé le « poisson de Las Vegas ». Jusqu’à la naissance de son fils Jason au début des années 80 Johnny qui fumait jusqu’à quatre paquets de cigarettes par jour a arrêté. Il a commencé à faire de l’exercice, à manger sainement et à mieux jouer aussi. Afin de détourner l’odeur des cigarettes, il a décidé d’apporter une orange sur les tables où il jouait. « Je préfère nettement cette odeur à celle des cigarettes », dit-il, c’est depuis devenu son signe distinctif.

Alors qu’il était encore assez peu connu sur le circuit des tournois, il a participé au tournoi America’s cup de Bob Stupack (propriétaire et fondateur du Stratosphere de Las Vegas où Johnny possède à présent un restaurant). Vers la fin du tournoi Il avait battu 13 des 16 joueurs en un peu plus de 30 minutes. On l’a rapidement surnommé « l’Orient express ».

Johnny a été le premier grand joueur de poker asiatique. Depuis lors, on a vu arriver un grand nombre de grands joueurs venus d’Asie. A ce jour, il y a une cinquantaine de joueurs asiatiques professionnels sur le circuit.

Le style de jeu de Chan est extrêmement agressif. On l'a plusieurs fois qualifié de brute autour des tables. Ça l’a bien servi. En 1987 il a remporté le Main Event au World Series of Poker. Un an plus tard il est arrivé à défendre son titre avec succès. Le fan de poker et propriétaire des Lakers Jerry West a été tellement impressionné par la performance de Chan qu’il a alors promis de lui donner un anneau du championnat NBA s’il réussit une troisième victoire d’affilée. Etonnement, il y est presque parvenu. En 1989 il est arrivé en face à face à la table finale contre un jeune punk alors inconnu du nom de Phil Hellmuth. Chan a perdu, et comme on dit, le reste est littérature.

La victoire de Chan en 1988 face à Erik Siedel a été immortalisée dans le film « Rounders » avec Matt Damon et Ed Norton.

Quand on l’interroge au sujet de ses victoires dans des tournois au cours des dernières années Chan répond : « Les tournois sont faits pour ceux qui veulent devenir des vedettes, moi, je le suis déjà une vedette et je gagne mon argent dans des ring games. » Chan n’est pas du genre modeste. Quand on lui parle d’Amarillo Slim Preston (Le vainqueur du WSOP en 1972) il répond : « Il ne pourrait même pas s’asseoir à côté de moi, je le boufferais tout cru. »

Combien d’argent se fait-il ? Chan ne veut pas répondre à cette question « Les impôts n’ont pas besoin de savoir combien je gagne. » Chan est amateur de toutes les bonnes choses de la vie. Il possède 3 Mercedes, dont une décapotable avec une plaque d’immatriculation indiquant 333JJ (une de ses grandes mains gagnantes), il a un ranch d’un million de dollars dans la région de Las Vegas et aime porter de beaux vêtements et des bijoux, notamment une montre à 15 000 $. Après avoir remporté 75k en une session il a affirmé : « ça ne couvre même pas mes dépense du mois. »

Le but de sa vie est de posséder son propre casino. Il est sur le bon chemin. Il a déjà son propre restaurant au Stratosphère et il affirme tout connaître au sujet de la gestion des casinos. Très récemment il a été engagé comme expert en  Salles de poker au casino Ft McDowell dans la banlieue de Phoenix. Une partie de son boulot est de participer à des tournois en face à face avec les gagnants. La première fois qu’il a fait ça, il a battu son adversaire en 10 minutes.

Johnny est une vraie légende du poker. Son style de jeu a été révolutionnaire et il continue à avoir un grand succès.

Les joueurs de Poker  Shana Hiatt  Clonie Gowen  Jennifer Harman  Annie Duke  Kristy Gazes  Doyle Brunson  Phil Ivey  Phil Hellmuth Jr.  Daniel Negreanu  Gus Hansen  Dan Harrington  Scotty Nguyen  Howard Lederer  Phil Gordon  Chris Ferguson  Tom MacEvoy  Greg Raymer  Mike Matusow  Layne Flack  Joseph Hachem  John Juanda  Dave Ulliott  Chris Moneymaker  Antonio Esfandiari  Erik Seidel  Johnny Chan  Carlos Mortensen  Ram Vaswani  Ben Roberts  Huckleberry Seed  Andy Bloch  Steve Brecher  Rafe Furst  Richard Brodie  Erick Lindgren  Mark Vos  Stu Ungar  Johnny Moss  Tina Wallman  Paris Hilton  Erica Schoenberg  Lacey Jones  Joanna Krupa  Brandi Hawbaker  Isabelle Mercier  Sabina Gadecki

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