Domination : c'est quoi?


Et tandis qu’il y a encore quelques autres mains

qui vont me permettre de partager le pot

comme un flop rainbow Roi – Dame – Valet puis 10


peut monter au tableau et nos quintes vont nous propulser vers un split pot ? Ce n’est pas ce qui compte puisque mon objectif est de gagner ; le but du poker n’est pas de jouer une moins bonne main avec l’espoir de récupérer de l’argent en profitant de cartes miraculeuses.

Les cartes dominées, par définition, ont trois outs. Sauf pour ces quintes et couleurs miracles susmentionnées et quelques « oddballs split pots », seules trois cartes vont être capables de dominer une main pour remporter le pot. La main qui effectue la domination possède le reste du jeu ! Je ne vous apprends sans doute rien ; et à moins que vous ne débutiez au poker, cette information n’est sans doute pas nouvelle pour vous. Sans se soucier du fait que des adversaires semblent parfois faire trois outers contre vous avec régularité, aucun joueur ne veut avoir le pied de son adversaire sur sa gorge avec seulement trois cartes qui peuvent lui permettre de s’échapper. Parfois ce n’est même pas aussi bon. Si la main qui domine a assez de chance pour faire une double paire, alors vous ne ferez que tirez mort. Imaginez ça. Vous appariez votre kicker sur le tournant ou la rivière et vous misez, ou même vous relancez, en pensant que votre main est la meilleure. Mais votre main est toujours dominée ; et ce qui est pire, c’est que votre double paire aura sans doute pour résultat une plus grosse perte.

Mains dominées (trouble hands)

Les mains dominées posent des problèmes. C’est vrai les gars. Ils posent problème juste ici, à Rivière-Ville, et ils posent problème aussi à Flop-Ville et à Tournant-Ville. Et quand vous avez des problèmes il est temps de se demander « Qu’est-ce que je peux faire ? » et « comment puis-je d’abord ne pas me retrouver dans de telles situations ? »

De nombreux auteurs qui écrivent sur le Texas Hold’em ont traité de manière très détaillée ce que l’on appelle par euphémisme des trouble hand « mains à problème ». Après tout, de nombreuses mains tombent dans cette catégorie. En early, des mains comme As – Valet, As – 10, Roi – Valet, Roi – 10 ou Dame  - Valet sont des mains à problème classiques. On vous dit tout le temps « suivez avec des mains comme ça et vous serez dans un bel embarras si un de vos adversaires relance.» Après tout, la sagesse courante admet que la plupart de vos adversaires vont relancer avec des mains qui sont meilleures que celles-ci.

N’importe quel joueur qui va suivre aura très probablement une main du genre AA,  KK, AK ou AQ et pas une trouble hand.
Quoi que cela soit exact, le fait demeure que nombreux parmi vos adversaires n’ont jamais lu le livre poker pour les nuls, et ne jouent pas en suivant ses indications non plus. Certains joueurs ont des exigences pour relancer qui sont bien moins sévères que d’autres et à part un caprice ou Dieu sait quelle sensation leur font dire qu’il est bon de relancer seulement quand les lois de la chance l’ordonnent, souvent certains maniaques n’ont même pas d’exigences de relance du tout.


J’ai vu des joueurs qui relancent avec n’importe quels as assortis dans n’importe quelle position, aussi bien qu’ils relancent avec des mains du genre Roi – Valet, Roi – 10, Dame – Valet, Valet  - 10 et n’importe quelle paire de 6 ou plus. J’ai vu des maniaques relancer avec 10 - 7 non assortis juste parce qu’ils « …avaient un pressentiment. » Quand vous jouez face à un adversaire qui relance avec un spectre de mains très large, vous n’allez pas nécessairement être dominé si vous avez une main par ailleurs problématique comme As – Valet. En fait, le relanceur peut-être celui qui est dominé et quoi qu’il puisse penser autrement, cela peut simplement être votre pied qui est fermement planté sur sa gorge. Il n’y a pas d’avantage tactique plus important que de connaître vos adversaires, et une main comme As – Valet que je jetterais en face d’un joueur qui relance pourrait être une main avec laquelle je relancerais à nouveau face à un autre.

Néanmoins, quand vous avez une main à problème, vous aurez souvent du mal à savoir si vous êtes en tête ou non. Parce que vous devez prendre en considération le fait que votre main puisse être dominée, vous êtes apte à jouer passivement en checkant et en suivant plutôt qu’en misant et en relançant. Même quand vous gagnez ces confrontations, la prudence minimise la taille de vos gains tandis que votre adversaire qui a saisit l’initiative avec un jeu agressif va maximiser ses victoires. Tandis que remporter un pot, n’importe quel pot, peu importe sa taille est une bonne chose et vous n’allez certainement pas le rejeter, en ayant une main qui vous permet de miser et relancer avec la certitude de gagner un gros pot que vous avez laborieusement construit est le moment où vous allez vraiment vous faire de l’argent.

Jouez sélectif et agressif!

Mettez cette idée en lieu sûr et gardez-la à portée de main. C’est un autre exemple de la raison pour laquelle le jeu sélectif et agressif est un facteur majeur que sous-tend le poker gagnant. C’est aussi un exemple de la phrase « connaissez vos adversaires » : vous connaissez le mantra ; la stratégie dépend souvent de la situation et une main qui peut-être jouable contre Jean peut ne pas être jouable contre Marie.

Quand vous êtes en position du départ, vous n’allez pas savoir lequel de vos adversaires peut se mettre à attaquer. Ça peut être Marie la fille qui ne relance jamais sauf si elle a une main de grande qualité. Mais ça peut aussi être Jean le maniaque qui pète tout le temps les plombs qui peut parfaitement vous tomber dessus avec 7 – 6 ou Roi – 2 ou avec une main d'attaque plus légitime.

L’une des manières de se débrouiller avec une des conséquences de voir sa main être dominée par un adversaire qui a aussi l’avantage d’agir en dernier est d’éviter de tomber dans le bocal de poissons. Vous pouvez éviter ce chaudron bouillonnant en limitant sévèrement les mains que vous jouez en early. Alors que les figures sont de bonnes cartes, elles ne sont pas toutes aussi désirables et une main comme Dame – Valet en early ou même en middle dans une partie agressive ouvre grand la porte de la domination.

Si vous ne jouez pas les mains qui peuvent causer problème, vous n’allez pas commencer « three outers » avec des cotes improbables de remporter le pot. Rappelez-vous que la première décision dans une main de poker est d’habitude la décision la plus importante, parce que toutes les options subséquentes sont dirigées par ce choix initial. Quoique vous ne puissiez pas éviter les mains dominées à 100%, sauf si vous arrêtez de jouer toutes les mains sauf AA, c’est votre première décision qui est la plus importante. Si vous êtes assez rapide pour éviter de vous mettre dans ce piège vous-même et à la fois assez agile et discipliné pour vous sortir du pétrin dès les premiers soucis, vous allez faire à peu près tout ce que vous pouvez pour minimiser l’impact adverse de vous trouver dominé chaque fois que vous avez une main à problème.

Conclusion

Tout cet article n’est qu’une manière un peu verbeuse de dire que ce qui compte vraiment au poker c’est de développer ses sens au point de pouvoir réaliser quand vous êtes dans la meilleure position et s’entraîner à l’auto-discipline indispensable pour réaliser des mains quand vous commencez à monter une longue colline en solitaire. Si vous arrivez à maîtriser cela et si vous avez le talent nécessaire pour mener à bien cette stratégie, (qui est bien plus compliquée que ce que j’en ai dit) les aspects tactiques deviennent assez simples quand vous jouez au poker no limit : mettez votre argent en action quand vous êtes au mieux et utilisez votre discipline pour coucher ces trois outers dominés quand vous ne l’êtes pas.

Article écrit par Lou Kruger qui est le co-auteur du livre « Poker pour les nuls »

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